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Si je te disais...

Publié le

Marie-Josée, 37 ans, blogueuse en devenir et fille d’un ange

Si je te disais, qu’à l’annonce de ton diagnostic Mommy, mon cœur a cessé de battre l’instant de quelques secondes, tellement j’ai eu mal… La pub à la télé qui montre les gens qui «r’vole» sur le mur derrière eux en apprenant le diagnostic de cancer d’un proche, c’est pas mal ça le feeling…

Si je te disais, que dans les neuf mois (9 mois trop courts, trop longs à la fois) qu’ont duré ton brave combat, mon cœur a cessé de battre à quelques reprises encore, parfois pour des bonnes nouvelles et aussi pour des moins bonnes… 9 mois, c’est le temps qu’il t’a fallu pour me porter et me donner la vie et le temps que j’ai eu pour te dire aurevoir… Paradoxal tout ça.

Le 16 décembre 2015 restera gravé dans ma mémoire, comme la journée où mon univers s’est écroulé en apprenant que tu allais recevoir des traitements palliatifs (ayoye, c’est «rough» ce mot-là), pour apaiser les souffrances physiques, en attendant que ton cœur cesse de battre à tout jamais à son tour…

Si je te disais qu’à chaque fois que mes yeux croisaient les tiens au cours de ces 9 mois, je savais que tu étais fatiguée… Que ton corps n’en pouvait plus… Et que secrètement je savais que quand je t’ai regardé dans les yeux en te demandant si tu voulais te battre pour toi, pas pour nous mais pour toi, que tu m’as dit oui, parce que c’est ce que tu faisais toi dans la vie, prendre des décisions en pensant faire de ton mieux pour ne pas nous faire souffrir de ton absence, je le savais que tu le faisais en grande partie pour nous…

Proche aidant, aide médicale à mourir, soins palliatifs à domicile… ça en fait des mots à engloutir au fond de son être en se préparant à la mort de ma mère… la femme de ma vie… La mort… Ayoye, je pense que c’est la première fois que j’utilise ce mot parlant de ton départ. Intense, ça fait encore plus mal…

Si je te disais que j’ai refusé de céder et de pleurer devant toi dans les dernières semaines où nous t’avons accompagnée vers ton dernier souffle… Pourquoi? Parce que je ne voulais pas ébranler ta sérénité. Tout d’un coup que tu aurais pensé que tu devais aller contre toi-même et ton corps, pour tenter l’impossible et de rester avec nous encore un peu… Juste un peu.

Si je te disais que pendant les derniers jours avant ton départ, je t’ai suppliée à genoux à côté de ton lit, de partir… D’aller les rejoindre, tous ceux-là qui te manquaient tant… Et que la minute d’après, je voulais reprendre mes paroles, parce qu’est-on jamais vraiment prête à laisser sa Mommy partir?

Si je te disais que de t’avoir accompagnée dans ton dernier souffle a été un grand privilège… J’aime à penser que tu m’as choisie, moi, ton bébé, pour être celle qui devait être là à ce moment précis…

Si je te disais que j’ai eu un malaise la première fois où, après ton départ, j’ai eu un fou rire avec Philippe et les enfants en parlant de toi…. Et que la seconde d’après, je me suis sentie mal d’avoir vu mon cœur sourire à nouveau.

Si je te disais à toi, la femme, la fille, l’amie, la sœur, la conjointe…. Que la vie continuera, malgré la peine, les larmes et la nostalgie. Que je sais qu’aucun mot ne peut réellement mettre un baume sur le trou béant que le départ de ton être cher a causé… Que je te comprends, même si ça t’énerve que je te dise ça. Que ton quelqu’un qui te manque tant est mieux là où il est….

Parce que tout le monde ne gagne pas leur combat, mais que je n’aime pas dire que tu as «perdu» le tien… Je veux que tu saches, toi qui lis ceci, que la vie continue… que tu peux en parler et que tu as le droit de pleurer et rire. Quand tu veux…

Il y a longtemps que je t’aime, jamais je ne t’oublierai….

 Marie-Josée, 37 ans, blogueuse en devenir et fille d’un ange

6 Commentaires

  • Turcotte: January 03, 2018

    J’ai perdu mon épouse le 16 dec 2017 , merci pour ce beau texte si réaliste dans mon cas

  • Louise Badeau: December 07, 2017

    C’est tellement touchant, tellement profond et tellement la réalité de la douleur que l’on ressent de laisser partir un être cher, surtout sa mère. Je suis émue par ce texte, tellement. Beau témoignage, ta mère devait t’aimer énormément et être très fière de la fille que tu es!!! Je pleure sur ton texte!!!

  • Ginette Poirier: December 07, 2017

    Tu as bien raison, ce n’est pas facile de laisser partir quelqu’un qu’on aime et surtout notre mere. Mais lorsqu’on ne peu plus la voir souffrir, il faut laisser aller.

    Salut Audette, j’espère que de là-haut du veille sur ta famille et tes cousines. Tu sais on va se revoir un jour. Salut mon papa si tu le vois parmi les autre.

    Ginette

  • sandra de Rainville: December 06, 2017

    Jamais , elle ne sera oubliée, elle me faisait toujours une tourtiÈre, y en a plus des gens comme ça, ou presque………..

    on a beaucoup rient et partagées ta mère et moi.

    Je pense a votre famille

  • Pauline Barrette: December 05, 2017

    Je te trouve courageuse de pouvoir rendre hommage a ta mere. Car c’est difficile de laisser aller ceux qu’on aime tant. J’espere que le temps pourra appaiser ton chagrin.

    Paulinei

  • Gagnon, Sandra: December 05, 2017

    Bon matin Marie Josée,
    Je lis ce mot ce matin en toute tendresse. Merci de partager ce message très affectueux et touchant.
    Sandra

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