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Cancer et massage?

Publié le

Mélanie, onco massothérapeute & supporteur

Le premier, LA PREMIÈRE FOIS...
Pourquoi avoir choisi ce métier?

Cette belle aventure a commencé avec ce client, atteint d'un lymphome et en traitement de chimiothérapie. Mon Dieu que je n’étais pas à l’aise!

Il me dit : "J'ai des amis qui se font masser à l'hôpital, c'est correct que je me fasse masser»? Je ne savais pas quoi répondre! Je connaissais le lymphome et je ne savais pas toutes les ramifications. Je sais aussi que les massages en milieu hospitalier existent mais je suis prête à parier 10$ qu'ils ne font pas du "deep tissue".

Je n’avais aucune autorisation du médecin et j’avais une patronne qui me poussait à faire le plus de clients possible. Alors je me suis lancée… J’ai fait le massage, le client transpirait abondamment et on dirait qu'il cherchait son air. Il s’est levé de la table, il était content.  Par contre, je ne l'ai jamais revu et je n'ai jamais su s'il y avait eu des conséquences à mon soin… À partir de de ce moment-là, je me suis dit que j'allais être équipés pour recevoir les gens atteints de cancer.

Petit saut dans le temps. 3 ans plus tard.
J'ai une cliente régulière qui est atteinte d'un mélanome. Je la traite pour l’aider à gérer son stress au boulot. Je l'ai également massée enceinte de son deuxième enfant. J’ai beaucoup de reconnaissance envers cette cliente car elle a eu assez confiance en moi de me laisser la masser même si j'étais encore en formation en oncologie. De toute façon, il n'était pas question de se priver de ce soin même si elle avait le cancer.

Ça lui faisait du bien et elle pensait moins durant l'heure de soin. Elle adorait le fond chauffant sur ma table. L'anémie, ça donne plus froid... Et c'est pour cette raison que j'ai dû lui refuser une session. C'était beaucoup trop bas, limite dangereuse. Elle a été transfusée le lendemain. J'ai eu droit à un appel d'elle un lundi début d'après-midi : "J'ai eu un premier traitement d'immunoglobulines, j'ai vraiment mal partout, peux-tu me voir aujourd’hui ?"

Aïe, là je sais de quoi elle parle. J'y ai eu droit quelques mois je connais très bien le feeling. Je l'ai vu tout de suite. (Je me permets une parenthèse ici... je navigue le système de santé et le milieu hospitalier depuis presque 20 ans à cause d'une sclérose en plaques qui a décidé d'établir domicile dans mon corps. Les tests, les prises de sang, les traitements qui ne marchent pas, les assurances qui rendent ça compliqué... je sais ce que c'est, je le gère encore. Fin de la parenthèse)

J'ai beaucoup appris avec elle. L'importance du choix des mots, les modifications d'installation d'une session à l'autre... C'est aussi avec elle que j'ai statué que je ne ferais pas de domicile. D’un avec ma patte qui traine ce n'est pas idéal et de deux, la seule fois où je l'ai fait chez elle, son oncologue a appelé en fin de massage. Son conjoint a pris l'appel à l'étage mais nous avons quand même entendu "Bonjour Dr. Untel." Les épaules se sont tendues instantanément sous mes doigts. Un massage bousillé.

La dernière fois que je l'ai vue, une première métastase sous-cutanée était apparue. Je ne savais pas trop quoi en penser.

On s'est dit au revoir et elle m'a dit qu'elle reprendrait rendez-vous bientôt. Elle est décédée un mois plus tard d'une conséquence un peu bête de la maladie.

Je la remercie encore aujourd'hui. Pas juste pour ce que j'ai appris mais aussi pour la relation de confiance que nous avons eue. 
C'est un privilège.

 N'oubliez jamais que peu importe où vous en êtes, vous apportez beaucoup aux gens qui vous côtoient. Merci de me faire confiance.

Mélanie, onco massothérapeute & supporteur

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